Les Français et l’épargne : quête de clarté, de souplesse… et d’horizons lointains

L’épargne reste une priorité pour de nombreux Français, notamment les plus jeunes. Mais face à une offre jugée trop chère et trop complexe, ils expriment un besoin croissant de simplicité, de transparence et d’ouverture à l’international. Une attente à laquelle les acteurs traditionnels doivent désormais répondre.
 

L’épargne, toujours une priorité… mais mal comprise
L’étude menée par OpinionWay pour le groupe Advenis en mai 2025 dresse un portrait nuancé des pratiques d’épargne en France. Un tiers des Français épargne avant tout pour sa retraite, un chiffre en hausse, signe d’une prise de conscience face à l’incertitude des régimes publics. L’épargne de précaution, pour faire face à des imprévus, reste en tête des motivations (cités par 78 % des sondés), devant l’achat immobilier ou le financement des études des enfants.
 

Mais malgré cet attachement fort à l’épargne, une part significative des Français se dit insatisfaite de l’offre actuelle. Un sur trois affirme ne pas comprendre les produits proposés. Ce chiffre grimpe à 45 % chez les moins de 35 ans, qui dénoncent des produits jugés trop techniques, peu transparents et mal adaptés à leurs moyens.

 

Frais trop élevés, ticket d’entrée dissuasif
La question des frais de gestion revient régulièrement dans les critiques. 57 % des sondés estiment que les frais prélevés sur leurs placements sont excessifs, et beaucoup regrettent le manque de lisibilité des conditions tarifaires. Le problème est accentué pour les jeunes ou les ménages modestes, souvent contraints à investir de faibles montants, mais à qui l’on propose des produits aux frais proportionnellement élevés.
 

À cela s’ajoute le ticket d’entrée encore trop élevé pour de nombreux placements performants : immobilier pierre-papier, assurance-vie bien gérée, portefeuilles diversifiés… autant d’options peu accessibles à ceux qui souhaitent commencer avec quelques centaines d’euros.
 

Une génération tournée vers le digital et l’international
Chez les 18-35 ans, le numérique est une évidence : un sondé sur deux se dit prêt à gérer lui-même son épargne en ligne. Les attentes en matière de souscription simplifiée, de pédagogie intégrée et de pilotage mobile sont désormais des standards. Les outils éducatifs (simulateurs, FAQ, vidéos explicatives) sont jugés aussi importants que le produit lui-même.
 

Autre tendance forte : l’envie de diversification géographique. 41 % des 18-24 ans estiment que l’investissement international est indispensable pour faire fructifier leur épargne. Ils veulent pouvoir accéder aux marchés européens, américains ou asiatiques, en profitant d’un éventail plus large d’opportunités, notamment dans les secteurs innovants.
 

L’épargnant de 2025 : exigeant, informé et impatient
Le message est clair : les Français, et notamment les plus jeunes, ne rejettent pas l’épargne, bien au contraire. Mais ils réclament des produits plus transparents, moins chargés en frais, plus accessibles et surtout plus lisibles. Les acteurs qui sauront conjuguer digital, pédagogie et performance dans une offre cohérente tireront leur épingle du jeu dans les prochaines années.
 

Sources : Étude OpinionWay-Advenis « Les Français et l’épargne », mai 2025 (Actusite, 28 mai 2025).
 


Lire les commentaires (0)

Articles similaires

Derniers articles

Épargne : les Français mettent de côté, mais laissent  leur argent dormir

Épargne : les Français mettent de côté, mais laissent leur argent dormir

21 Avr 2026

Les Français restent parmi les plus gros épargnants d’Europe, voire au-delà. Mais cette puissance financière collective masque une faiblesse plus discrète :...

Crédit immobilier : des taux qui se posent, un marché qui s’essouffle

Crédit immobilier : des taux qui se posent, un marché qui s’essouffle

21 Avr 2026

Au premier trimestre 2026, les taux de crédit immobilier cessent enfin de grimper. Mais cette stabilisation ne suffit pas à relancer franchement le marché. ...

Réclamations bancaires et assurances : des délais plus courts, une information encore trop floue

Réclamations bancaires et assurances : des délais plus courts, une information encore trop floue

21 Avr 2026

L’ACPR constate des progrès dans le traitement des réclamations adressées aux banques et aux assureurs. Les dispositifs ont été simplifiés, les réponses arr...

Catégories